Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 23:14

 

Après 76 jours de voyage, mon tour du monde prendra fin demain. Une histoire s’achève. Mon rêve de faire le tour de la planète et de franchir tous les océans, Suez, Panama, Gibraltar, est devenu réalité.  A par mon « cheval de fer » qui faisait un peu incongru dans ce milieu qui fut celui des premières migrations 3000 à 4000 ans avant Jésus christ, la mer est l'un des seuls endroits qui n'a pas changé depuis des millénaires. Les vagues se font et se défont, toujours au même rythme. J’aurais passé mon temps à contempler cette grande étendue d’eau, à réfléchir, à regarder vivre le bateau. J’ai beaucoup apprécié le rythme du voyage.

Au bout de plusieurs semaines passées à bord je me rends bien compte du vide intérieur qui s’est produit en moi. Je me suis laissé porter tranquillement, sans contrainte. Mais sans jamais ressentir la longueur du temps comme mon entourage pouvait le craindre. Combien de fois ai-je entendu « mais que vas-tu faire de tes journées ? Tu vas trouver le temps bien long » Me connaissant bien pour avoir vécu dans des contrées où le temps libre ne manquait pas, mais sans avoir autour de soi le moyen d’en profiter, je savais que je m’emploierai à des activités difficiles à conduire en d’autres lieux.

 D’un tempérament actif, il me faut être en permanence en mouvement. Ici, c’est différent, je suis posé, je vis paisiblement. C’était un moment dépourvu de stress, sans journal, sans téléphone, pas d’embouteillage non plus. J’aurai vécu une période de repos unique dans la durée.

C’est devant mon écran que j’aurai passé le plus clair de mon temps surtout dans les soirées qui n’en finissaient pas sur le Manet. En fait, mon compagnon de route, sans qui je reconnais, tout peut-être aurait été différent. J’ai beaucoup écrit. A ma façon. Je ne suis pas dans mon exercice favori, mais il fallait que je conserve toutes mes sensations ressenties sur le moment. Et puis la vie au ralenti laisse des espaces vite comblés par la réflexion. Sur un transat, les yeux dans le néant, les pensées se perdent. Et une fois replongé dans la vie du quotidien, elles s’oublient, ou ne sont plus ressenties de la même manière. Derrière son « compagnon » de route, elles seront gravées. Je suis sûr que plus tard, en relisant ce que j’ai écrit, je serais surpris. Je sais que j’ai vécu, une merveilleuse expérience que très peu de gens ont l’opportunité de vivre.

Au moment de franchir l’échelle de coupée pour la dernière fois, tout se bouscule dans ma tête. Une multitude d’images défile devant mes yeux ; du bananier au désert, des gens aussi différents les uns des autres, des cultures qui s’opposent, des religions qui déchirent les hommes, des échanges commerciaux qui s’inversent. La planète continue à vivre son temps, mais le temps pour les hommes risque à ne plus être le même. Notre pays doit s’adapter pour ne pas être dépassé.

Si j’aime les départs, j’aime aussi les arrivées. Des moments d’émotions partagés avec ceux que l’on aime.

C’est ça le voyage en cargo

Un grand merci à tous mes Amis qui m’ont suivi dans ce voyage, qui ont partagé avec moi ces moments merveilleux en me laissant quelques messages. J’ai été sensible à vos commentaires.

Et puis merci à tous ceux qui m’ont aidé :

-  soit en donnant de leur temps, et je sais que parfois cela n’a pas dû être facile, comme pour mon fils David et mon neveu Vincent qui ont tous deux animés mon blog.

-  soit en m’offrant un accueil qui me met en dette pour tant de gentillesse que j’ai reçue de la part de :

Caroline à Tahiti,

Christophe à Nouméa,

Dave et Franki à Napier et Wayne et Bev à Auckland pour la Nouvelle Zélande,

 Michael et Tricia à Kuala Lumpur pour la Malaisie.

Merci encore et soyez assuré de ma fidélité.

Many tanks for your kindness. Best regards.

 

Bernard

Par Bernard
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 23:53

La première idée du percement du canal de Suez remonte à la période des Pharaons. Sous

 Bonaparte l’idée est reprise, puis abandonnée. Ils sont arrêtés par le problème de la différence de niveau qui existe, croit-on, entre la mer rouge et la Méditerranée. Le niveau de la mer Rouge est supposé 10m plus haut.

En 1849, Ferdinand de Lesseps propose une percée directe de l’isthme de Suez. Les travaux débutent en 1859. Le canal sera officiellement inauguré le 17 novembre 1869, avec un parcours de 191 km. L’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, effectuera le déplacement en Méditerranée pour l’inauguration du canal de Suez. Le Roi d’Egypte fera édifier au Caire un Palais somptueux pour honorer sa présence. Une route sera également construite entre Le Caire et Ghisé pour la visite des Pyramides. On dit que cette route avait été construire avec un léger dévers de manière que le Roi puisse effleurer l’épaule de l’Impératrice pendant le trajet !!

J’appris ceci, justement dans ce palace du Caire transformé aujourd’hui en hôtel dans lequel nous séjournerons avec Jany lors du retour de notre croisière sur le Nil. Un hôtel somptueux et plein d’histoire que je recommande à tous ceux qui souhaitent visiter l’Egypte.

A 16 heures nous entrons dans le Strait Of Gubal. Subitement les côtes sont plus proches. A tribord, le Sinaï drapé de jaune, se confond dans la brume. Tout est désert de ce coté. A bâbord les montagnes d’Erytré se découpent dans le ciel. Les navires sortent de je ne sais où, ils sont nombreux et proches.

A 22 heures nous atteignons la zone d’ancrage. Au lieu du 17 ou 24, souhaités par le Commandant, nous aurons le point d’ancrage 28. Il imposera une petite manœuvre supplémentaire pour prendre place dans le convoi. Le cargo, devant nous, a complètement raté sa manoeuvre. Il est hors du cercle qui lui est attribué. Il gène tous les autres. Un autre a le nez vers le sud. Il lui faudra, demain, faire un demi tour. Pas facile avec ces mastodontes. Tous les bateaux sont exagérément éclairés. L’entrée du canal de Suez est baignée de lumière.

 Otello-embouque-le-canal-de-Suez.JPG

 L’Otello embouque le canal de Suez

 

 

 

Je suis debout à 5h30. Tout semble endormi malgré le flot de lumière qu’offrent d’innombrables bateaux arrivés tout au long de nuit. Comme pour Panama, je suis impatient. Témoin de la volonté et de la capacité des hommes. Témoin de tant d’histoire autour de ce canal.

 

 

 

 

 

 

 Statut-de-F.-de-LESSEPS.JPG

Statue de F. Lesseps





6H00. Le bruit des machines, à peine perceptible, nous indique que la traversée approche. Le premier cargo a déjà embouqué le canal. Juste à l’entrée ; le socle d’une statue. Sans statue. C’était celle de Ferdinand de Lesseps. Elle fut sûrement déboulonnée après le conflit avec la France dans les années 50.

 

 



Le convoi du nord s’ébranle à minuit, celui du sud à 6 heure. Le croisement se fera au « Great Better Like »,  le « Gatún Like » de Panama. Large de 60m à l’origine, le canal a été élargi à 200m. Déjà on parle de nouveaux travaux pour un trafic dans les deux sens.

  

 

 Rive-droite-et-rive-gauche-du-canal.JPG

Rive gauche rive droite


A tribord le désert et quelques épaves rappellent la guerre des 6 jours avec Israël. A bâbord ; habitations, palmerais, plantations. D’un côté le néant, de l’autre la vie. Le soleil est haut mais tout est diffus et brumeux. L’air est sec et frais. Il ne fait que 16°. L’armée veille. Un soldat est planté là sur une dune. On en verra un tous les 300m. D’un côté comme de l’autre.

A 12h30  nous atteignons Ismaïlia et à 15h00 Al Quantarah.

 

 


 Rive-gauche-du-canal.JPG

 Rive Gauche

 

 Rive-droite-du-canal-de-Suez.JPG
R
ive droite

 


17H00. Les deux pilotes montés à bord depuis 6h15 quittent le navire Pourtant il reste encore une heure de canal !! Personne n’a d’explication. Ils partent avec une cartouche de cigarettes offerte par le commandant qu’ils n’ont pas oublié de réclamer. Descend aussi l’électricien qui nous aura accompagné depuis le matin. Chaque bateau doit installer, à l’avant, un phare spécial à deux faisceaux pour le passage du canal. Chaque faisceau est étudié pour éclairer une berge. Sauf que l’angle est prévu pour un canal de 60m. Il fait maintenant 200m. Il ne sert donc plus à rien. Mais l’électricien est toujours prévu à bord. Et il faut monter le phare avant chaque traversée.

 

 Ismaelya.JPG

Ismaïlia




La nuit nous surprend à 17h30. Des chapelets de lumière illuminent tout le coté bâbord. On est toujours émerveillé de passer du jour à la nuit. Un autre décor, un autre plaisir.

18h00. Nous passons à hauteur de Port Saïd. Nous avons atteint la Méditerranée. De 10 nds pour la traversée du canal nous montons à 24 nds, la vitesse de croisière de l’Otello.




 

Mais au petit matin la mer n’est plus aussi tranquille. Huit voire neuf sur l'échelle de Beaufort me dit-on. Le spectacle des lames giflant la coque du navire ne me lasse pas. Il se balance, vrille et craque de partout. Je me sens déjà comme chez moi sur ce bateau. J'y ai pris les habitudes d'un marin et le roulis ne fait qu'ajouter à mes rêveries le plaisir d’être ici.

 

 

Otello 3
Otello 

 Otello-full-profile.jpg

Otello

 Chambre-passager-1.JPG

 Otello : Chambre passager

 chambre-passager-2-le-salon.JPG

 Otello Chambre passager, le salon

 invitation-commandant.JPG

Dimanche invitation par le commandant

 Commandant-a-droite-et-a-gauche-second.JPG

A ma droite le Cdt – A ma gauche le second

 Des-ordinateurs-a-la-disposition-de-l-equipage-et-des-pas.JPG

Otello : Des ordinateurs pour l’équipage et les passagers. (adresse email pour chacun de nous)

 

 

Par Bernard
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 22:29

A bâbord : La Somalie, Djibouti, l’Erytré et l’Egypte.

A tribord : Le Yémen et l’Arabie Saoudite

 

Preuve que sur un bateau on s’attache aux petites choses. J’ai vécu deux ans proche de la mer rouge sans jamais me poser la question « pourquoi rouge ? »

J’obtiendrai plusieurs réponses.

 

- Celle d’une journaliste qui l’attribue à la prolifération d’une algue Cyanophycée, qui prend une teinte rougeâtre en mourant. Elle l’attribue aussi à la salinité de l’eau, supérieure à la moyenne car elle ne bénéficie que de très faibles apports d’eau douce. J’avais effectivement constaté au Sénégal que le sel fait virer l’eau de cette couleur en visitant le « lac Rose ».

 

- Celle du commandant est différente. Il s’agirait d’un apport de sable rouge du désert lorsque le vent souffle. Les poussières se déposeraient à la surface de l’eau lui donnant cette couleur rouge. D’ailleurs il me fit remarquer que sur notre passage l’eau était semblable aux autres mers puisque nous n’avions pas de vent. Et ceci est vrai. Je ne la verrai pas rouge.

 

Qui est porteur de la bonne réponse ?

 

  Je passe beaucoup de temps à la proue du navire. Car bientôt l’Atlantique ne le permettra peut être plus. Je suis parfois éclaboussé par les vagues mais tant pis. Rarement tout de même. Ici on se sent libre et seul. Je regarde vers l’avant et non l’intérieur du bateau qui après tant de mer m’intéresse moins. J’essaye même de l’oublier pour n’avoir autour de moi que l’eau et le ciel. J’y arrive.

Dommage, je n’y vois que rarement de dauphins et jamais de baleines. Ca sera ma déception. En revanche j’y aperçois beaucoup de poissons volants. De drôles de poissons, quand ils prennent leur envol on dirait un essaim d’abeilles. Ils se cognent parfois les uns aux autres et volent jusqu’à ce qu’une vague plus haute les engloutissent. Avec le soleil leurs ailes brillent comme des arcs en ciel.

En consultant la carte au passage du Bal el Mandeb, à quelques milles de Djibouti,  j’y retrouve des noms familiers comme ; Obock, Tadjoura, le lac Assal  ect… et de nombreux souvenirs reviennent à la surface de ma mémoire. Moucha et Mascali, les pèches à la traîne miraculeuses, les « caisses » restaurants de trottoir ou à l’opposé l’hôtel Sheraton avec ses soirées italiennes, grillades ou chinoises. Et puis plus de 200 sauts ajoutés à mon carnet. Un pas de géant dans mes compétences parachutistes. Cet endroit est le plus chaud de la planète. Nous le vérifierons. En pleine mer l’eau est à 30°. Pourtant nous sommes en hiver. Pour avoir vécu deux ans dans cette région, je sais la dureté de ce climat.

Le commandant nous prévient « profitez-en, après Suez, c’est le froid qui nous attend ».

 

Par Bernard
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 10:07

Vingt et une heure ce 6 décembre, nous sortons de la zone où interviennent généralement les pirates somaliens. Pas les seuls, mais de loin les plus expérimentés dans l’attaque des navires croisant dans cette zone. Ils ont commencé, il y a plus de dix ou quinze ans par arraisonner de petits navires. Leur cargaison était pillée, après les avoir fait échouer sur les plages. Pour déjouer les actions de sécurité qui se mettaient en place, ils ont par la suite mené des attaques plus rapides mais sur les cargos plus importants. Ils repartaient généralement avec l’argent du bord placé dans le coffre (important parait-il) et toutes les affaires personnelles de l’équipage. Aujourd’hui, puissamment armée de lance-roquettes qu’ils n’hésitent pas à utiliser, ils prennent deux ou trois otages et négocient une rançon que les assurances ou les compagnies préfèrent payer afin d’éviter les dégâts au navire et les retards qui engagent des frais.

Afin de protéger les navires et de maintenir une activité commerciale normale par le canal de Suez les marines nationales de plusieurs pays occidentaux et asiatiques assurent la sécurité des bateaux croisant dans la région. En contre partie ces derniers doivent se soumettre à certaines contraintes d’identification et de vacations radio par exemple. Mais surtout il leur est imposé une route « railway » qui sera très surveillée par l’armée. Nous apercevrons effectivement, de temps en temps un navire de guerre qui croise à quelques
milles de notre route.

DSC01736.JPG

  Ce qui n’empêche pas les actions de piratages ; rien qu’au mois de novembre plus de 20 attaques ont été comptabilisées. Sept seulement ont été déjouées. Quatre attaques pour la seule journée du 5 décembre. C’est pour cette raison que nous verrons peu de navires sur le railway. Les bateaux pouvant constituer une cible seront regroupés pour être escortés en convoi. Un cargo sur deux, parmi les plus lents notamment,  navigue avec toutes les pompes à incendie en action (7 bars) sur les cotés et surtout à l’arrière, partie la plus basse sur l’eau. Toutes les issues du château seront condamnées de l’intérieur.                                                                               

   

  Une seule avec digicode permettra l’accès aux ponts. L’Otello ne représente pas une cible potentielle. Vitesse trop rapide : 25 kts. La vague qu’il produit sur les cotés, plus de 4m, et les remous à l’arrière rendent difficiles les abordages. Outre les condamnations des issues et une veille quasi permanence du radar avec une attention particulière sur les cotés et l’arrière du navire, la vie à bord n’a pas été modifiée. D’ailleurs aujourd’hui dimanche, les trois passagers du cargo seront les hôtes du commandant. Après une ou deux coupes de champagne servies au bar des officiers, auquel nous n’avons pas accès habituellement, nous déjeunerons avec tous ses adjoints à sa table. Un repas très convivial et un moment de détente particulièrement agréable.

Le fait d’avoir un ordinateur du bord à ma disposition me permet de poursuivre mes activités habituelles. En plus, il m’a été attribué une adresse de messagerie personnelle, je peux donc correspondre quasiment en temps réel avec la famille et les amis. Seule contrainte, aucune photo ne pourra être transmise ou reçue d’ailleurs, Trop cher par satellite.

Demain matin un nouveau décor s’offrira à nous. Fini la mer sur 360°, nous serons en mer rouge.

Par Bernard
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 20:24


Il y a deux mois exactement j’embarquai à bord du Manet. Aujourd’hui j’effectue les mêmes démarches à bord, cette fois, du porte-containeurs Otello de  la même compagnie CMA CGM. J’avais vraiment hâte de  retrouver la mer.

Tout de suite la différence s’affiche par un « bienvenu à bord » dit en Français et par le commandant lui-même. Il prendra même la peine de me conduire en personne jusque dans ma cabine. Je vais enfin pouvoir obtenir les réponses aux questions relatives au bateau et à la navigation que je me suis posées pendant les précédents 49 jours de mer.

Le bateau fait 335m de long et plus de 42,8 m de large. Il peut embarquer jusqu’à 8 488 conteneurs au lieu de 2 220 avec le Manet. Le château étant plus large l’espace vie est plus important ; escaliers, coursives, salles de détente, cabines sont plus spacieuses. Ma cabine, un vrai luxe plus de 33m². Tout est neuf, le bateau est de 2005.

 

Je retrouve la vraie marine marchande. Les officiers pantalon bleu marine et chemise blanche avec galons sur les épaules, une restauration d’excellente qualité et un service digne d’un restaurant trois étoiles. Impensable de franchir la porte du messroom en short et tee-shirt comme sur le Manet. Le dîner est entre 19 h et 20h. Pourquoi sur le Manet il est servi entre 17h30 et 18h30 ?

 

L’accueil est chaleureux. Le commandant se met à notre disposition à tout moment pour répondre à nos questions. Il est de Toulouse. Entre gens du Sud-ouest le courant passe de suite. Nous avons deux jours de retard sur le programme mais il compte bien le combler en forçant sur les machines (26 nœuds). Le rendez-vous du 8 décembre pour le franchissement du canal de Suez devra être respecté. Si non ce sera 24 heures d’attente pour se joindre au prochain convoi. « Je vais utiliser tous les raccourcis » nous dit-il.

 

Nous sommes trois passagers. Un Français qui fait l’aller-retour Le Havre – La Chine sur le même bateau et un Australien qui a embarqué avec moi à Port Klang  (Malaisie). Nous descendrons tous au Havre. Trois passagers au passé similaire. Des gens qui ont des fourmis dans les jambes. Le premier ancien de la marine marchande (Chef de rang patisserie sur le France et sur le Queen Hélisabeth II) et le second pilote à Singapore Air Line et bien d'autres compagnies aériennes, africaines notamment. Comme bien souvent, les femmes ne suivent pas. Elles ne partagent pas les mêmes passions.

L’un ne parle pas un mot de français et l’autre un mot d’anglais. Qui pourrait croire que je joue le rôle d’interprète ? Normal j’ai du mal à le croire moi-même. Et pourtant c’est la vérité. Et en plus ça marche !!

A mon sens j’ai du faire quelques progrès depuis deux mois. Et pourtant je suis privé de tous mes cours. Un dictaphone que je n’ai jamais reçu et maintenant mon ordinateur qui a rendu l’âme. Dommage.

 

Sur ce bateau je pourrais envoyer des textes mais malheureusement pas de photos. Leur transmission par satellite coûte trop cher. Je mesure maintenant la chance que j’ai eue sur le Manet. Puisque la plupart des photos du blog ont été transmises gratuitement par le commandant. Par ailleurs pour le retour nous n’aurons qu’une escale, et peut-être trop courte, pour quitter le bord. Donc je pense que les dernières photos seront celles de la Malaisie.

 

18h30 – Nous montons sur le pont supérieur pour assister au départ. Les amarres sont larguées.

Youpi c’est reparti.  Attention alerte n°2. Nous entrons en zone « Pirate »…..

 

Par Bernard
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